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Un marathon à deux

Publié : 03 mai 2018, 11:32
par Bashogun
Marathon de Sénart : il a poussé sa mère vers l'exploit
Le Parisien - Christophe Lacaze-Eslous - 2 mai 2018

Jérémy a bouclé, mardi, les 42,195 km du Marathon de Sénart en poussant sa mère, Karine, atteinte d'une sclérose en plaques. Un formidable exploit familial.

La ligne d'arrivée à peine franchie, Karine fond en larmes sous les applaudissements des spectateurs. A son côté, Jérémy cherche son souffle avant de se pencher vers elle pour l'embrasser. La mère de 44 ans, atteinte d'une sclérose en plaques, et son fils de 22 ans viennent de réaliser un formidable exploit en bouclant ensemble les 42,195 km d'un marathon.

Pendant près de cinq heures (4 h 47' exactement), chacun a enduré ses propres souffrances. Jérémy, qui disputait son 3e Marathon de Sénart, a géré comme un grand. « J'étais bien jusqu'au 20e kilomètre, puis c'est devenu dur, confie le jeune homme. Pourtant, je n'ai pas arrêté d'apprécier la course. J'avais une bonne raison de la faire et ça m'a porté à chaque fois que j'y pensais, j'avais l'impression d'avoir moins mal. »

Dans sa joëlette, un fauteuil adapté et prêté pour l'occasion par un fabricant breton, la maman récupère plus difficilement. « Je suis très fière, mais c'était long, très long, et je sais que je vais le payer très cher », raconte la nouvelle marathonienne.
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Une première course en famille... sur un coup de tête
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En décembre dernier, le fils s'inscrit au cross de Noël à Samois-sur-Seine, la ville de Django Reinhardt. Au moment du départ, il s'aperçoit qu'il a oublié son dossard dans sa voiture. Karine décide alors de bloquer les autres concurrents en l'attendant... A son retour, le fils décide sur un coup de tête de l'emmener jusqu'au bout de l'épreuve. Karine serre les dents pendant 6 km mais franchit la ligne d'arrivée. C'est décidé : ils vont de nouveau courir ensemble.

L'idée d'abandonner ne les as jamais effleurés
Et quatre mois plus tard, ils étaient, mardi, au départ de Tigery (Essonne) pour cette 19e édition du Marathon de Sénart : « Quand Jérémy me l'a proposé, ça ne m'a pas fait peur, raconte la maman. Mais je ne voulais pas le handicaper, avoir la sensation d'être un boulet. Il a fallu me convaincre. » « Un marathon, c'est très long et notre entourage nous a dit que nous étions fous, confirme le jeune employé en restauration rapide. Mais, avec maman, nous sommes très liés et je voulais qu'elle ressente les mêmes émotions que moi. »
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